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Recension d’une nouvelle édition bilingue des « Tria Bella »

Pseudo-Caesar. Bellum Alexandrinum / Bellum Africum / Bellum Hispaniense, trad. Gerd Flemmig, Berlin, De Gruyter, Sammlung Tusculum, 2026, 504 pages. ISBN 9783111215846.

Depuis sa création en 1923 la collection Tusculum propose les principaux textes de l’Antiquité dans une édition bilingue, incluant la langue d’origine et une traduction allemande. Les textes sont annotés mais ne sont accompagnés d’aucun apparat critique. Dans cet ouvrage paru en janvier 2026 figurent uniquement les Tria Bella : le choix a été fait de ne pas y intégrer le livre VIII du Bellum Gallicum. L’auteur est Gerd Flemmig, un latiniste à l’origine d’une traduction allemande des Traités de Westphalie (Reclam, 2021).

Précédés d’une introduction présentant le corpus, son contexte historique et les hypothèses qui ont été formulées à propos des auteurs anonymes (p. 9 à 38), le texte latin et la traduction des Tria Bella occupent les pages 40 à 351. L’auteur explique ses choix concernant l’établissement du texte aux pages 355-360. Suivent ensuite ses notes explicatives (p. 361-402) et les annexes, comprenant vingt-neuf notices biographiques sur les principaux spécialistes du corpus césarien (p. 403-408), des tables chronologiques (p. 409-413), des textes d’accompagnement provenant de Suétone, Frontin, Tite-Live et Flavius Josèphe (p. 414-423) et enfin des précisions sur les unités de mesure, la gestion du temps et certains aspects militaires à l’époque de César (p. 424-432). L’ouvrage s’achève avec seize pages de bibliographie (p. 433-448) et un copieux glossaire des noms propres (p. 449-504).

Pour l’établissement du texte latin des deux premiers textes, Flemmig a pris appui sur l’édition critique d’Alfred Klotz, publiée en 19271. Aux pages 355-357, il signale neuf passages du Bellum Alexandrinum et trente passages du Bellum Africum dans lesquels le texte retenu diffère de celui de Klotz. Il s’agit par exemple d’écrire les chiffres romains en toutes lettres plutôt que sous une forme abrégée (douze modifications), de corriger des coquilles de son prédécesseur, ou encore d’adopter des conjectures d’autres éditeurs — principalement Carl Nipperdey, mais aussi Alphonse Bouvet à propos de l’ordre de bataille césarien à Uzitta (BAfr 60, 2)2. Pour le Bellum Hispaniense, l’auteur a utilisé comme référence l’édition de Giovanni Pascucci, qui date de 19653. Flemmig s’en démarque dans vingt-deux passages, où il adopte à chaque fois des solutions suggérées par les précédents éditeurs de ce texte (Nipperdey, Klotz, Warmington, Diouron…).

Dans sa bibliographie, l’auteur hiérarchise les éditions des Tria Bella selon un critère qui paraît fort discutable, à savoir la présence ou non d’une traduction. Cela a pour effet de reléguer les trois volumes de la Collection des Universités de France dans la catégorie des éditions bilingues, mêlés à certains ouvrages dont le texte n’a fait l’objet d’aucun travail philologique. Dans le même temps, le Caesar’s War in Alexandria de Gavin Townend4 se retrouve promu au rang d’édition scientifique, alors qu’il ne comporte aucun apparat critique et reprend très largement le texte latin établi par René du Pontet pour l’édition OCT de 1901. Cette présentation est problématique, car elle ne permet pas de distinguer les éditeurs qui ont établi le texte à partir des manuscrits de ceux qui ont simplement utilisé les éditions précédentes.

La bibliographie utilisée par Flemmig est plutôt étoffée, mais elle n’est pas exempte de lacunes. Il est particulièrement dommage qu’elle ne comprenne aucun des ouvrages de Cynthia Damon sur le Bellum ciuile5, car ces travaux sont désormais incontournables pour l’établissement du texte des Tria Bella. Pour le Bellum Africum, il aurait été judicieux que l’auteur se réfère à l’édition bilingue latin-italien de Carmela Cioffi6, qui comporte une multitude d’annotations pertinentes. Sur ce même texte on regrettera que Flemmig n’ait consulté que la première édition publiée dans la CUF, quand il en existe une seconde, revue et corrigée par Jean-Claude Richard7. Pour l’ensemble des Tria Bella, l’édition bilingue latin-italien de Luigi Loreto8 et la traduction anglaise du corpus césarien dirigée par Kurt A. Raaflaub9 auraient également mérité d’être citées.

L’ouvrage de Flemmig comporte 645 notes, dont 31 sur l’établissement du texte. Dans ses 614 notes explicatives, l’auteur signale des lacunes ou la corruption manifeste du texte transmis, donne des précisions linguistiques, cite des sources complémentaires et propose de nombreuses mises aux point historiques, militaires et géographiques. Certaines de ces notes, qui portent sur les légions de César, méritent rectification.

Le premier problème vient du choix de suivre le texte de Klotz plutôt que celui de Bouvet pour le Bellum Africum. En raison de doutes exprimés à partir du milieu du XIXe siècle sur l’authenticité de certains chiffres transmis par les manuscrits, le nombre et l’identité des légions varient beaucoup d’une édition à l’autre du Bellum Africum. Parce qu’il reprend le texte de Klotz, Flemmig écrit que cinq unités de recrues numérotées XXV, XXVI, XXVIII, XXIX et XXX (p. 375, n. 15) et autant de légions de vétérans, numérotées V, IX, X, XIII et XIV (p. 384, n. 136), ont participé à la campagne de César en Afrique. En réalité, comme nous l’avons montré récemment10, rien ne justifie que l’on corrige les leçons des manuscrits : en conservant le texte transmis en BAfr 1, 5 ; 60, 1-2 ; 62, 1 ; 66, 1 et 81, 1, il apparaît clairement que César disposait de douze légions, dont huit étaient composées de vétérans (II, V, VII, VIII, IX, X, XIII, XIV) et quatre de recrues (XXVI, XXVIII, XXIX, XXX)11. S’il n’est pas surprenant de retrouver dans le texte de Flemmig le même défaut que dans la plupart des éditions allemandes et anglo-saxonnes depuis 1847, il paraît toutefois anormal que l’auteur n’ait signalé nulle part, concernant les cinq passages mentionnés ci-dessus, ni les doutes exprimés par ses prédécesseurs sur les leçons des codices, ni son choix de suivre les corrections — arbitraires — de Klotz, portant sur des nombres de légions ainsi que sur certains numéros légionnaires.

À propos de la Ve légion du Bellum Alexandrinum, Flemmig (p. 369, n. 113) écrit qu’il n’est pas certain qu’elle corresponde à la Ve du Bellum Africum et du Bellum Hispaniense. Mais s’il s’était agi de deux unités différentes, comme on l’a longtemps affirmé, n’aurait-il pas été logique que cela soit explicitement signalé aux lecteurs du corpus césarien ? Dans une note consacrée à la Ve légion de la guerre d’Afrique (p. 375, n. 4), Flemmig indique à juste titre que cette unité se trouvait au préalable en Espagne sous les ordres de Q. Cassius Longinus. L’incertitude initiale de l’auteur est directement liée à une hypothèse, souvent présentée comme un fait établi, identifiant la ueterana legio quinta de la campagne africaine (BAfr 1, 5) à la légion Alauda de César (Suet., Caes., 24). Flemmig a bien fait de ne pas la reprendre à son compte, car elle repose uniquement sur des textes épigraphiques datés, pour les plus anciens, du règne de l’empereur Claude (41-54 de notre ère)12.

Enfin, Flemmig (p. 369, n. 119 ; 392, n. 34) indique à ses lecteurs que la légion uernacula était constituée de pérégrins, quand une majorité d’historiens se prononce désormais pour un recrutement parmi les citoyens établis dans la Péninsule ibérique13.

Bien qu’il ne soit pas exempt de critiques, ce nouvel ouvrage a le mérite de mettre en avant les textes anonymes du corpus césarien. Le texte latin proposé par Flemmig n’est pas novateur, mais il est certain que sa traduction allemande rendra de grands services aux étudiants germanophones et suscitera de nouvelles vocations.

Au vu des progrès philologiques effectués depuis le milieu du XXe siècle sur le corpus césarien, il serait souhaitable que les Tria Bella fassent l’objet d’une nouvelle édition scientifique.

Batiste Gérardin

1 A. Klotz, C. Ivli Caesaris commentariii, vol. III, Commentarii belli Alexandrini, belli Africi, belli Hispaniensis, accedvnt C. Ivli Caesaris et A. Hirtii fragmenta, Stuttgart-Leipzig, B. G. Teubner, BT, 1927 [1993].

2 C. Nipperdey, C. Iulii Caesaris commentarii cum supplementis A. Hirtii et aliorum. Caesaris Hirtiique fragmenta, Leipzig, 1847 ; A. Bouvet, César. Guerre d’Afrique, Paris, Les Belles Lettres, CUF, 1949.

3 G. Pascucci, Bellum Hispaniense, Florence, Le Monnier, 1965.

4 G. Townend, Caesar’s War in Alexandria. Bellum Civile III. 102–112. Bellum Alexandrinum 1–33, Bristol, 1988.

5 C. Damon, Studies on the Text of Caesar’s Bellum Civile, Oxford, 2015 ; C. Iuli Caesaris Commentariorum libri III de bello civili, Oxford Classical Texts, 2015 ; Caesar. Civil War, Loeb Classical Library, 2016.

6 C. Cioffi, Anonimo Cesariano. La guerra d’Africa (Bellum Africum), Florence, Le Monnier Università, 2022.

7 A. Bouvet, J.-C. Richard, Pseudo-César. La Guerre d’Afrique, Paris, Les Belles Lettres, CUF, 19972 (1949).

8 L. Loreto, Pseudo-Cesare. La lunga guerra civile: Alessandria-Africa-Spagna, Milan, BUR, 2001.

9 K.A. Raaflaub (dir.), The Landmark Julius Caesar: The Complete Works: Gallic War, Civil War, Alexandrian War, African War, and Spanish War, New York, Anchor Books, 2017. En complément de ses riches annotations, cartes et annexes, ce livre accessible au grand public est accompagné de quarante-trois contributions rédigées par d’éminents spécialistes, disponibles en libre accès sur une page internet dédiée : https://thelandmarkcaesar.com/.

10 B. Gérardin, « Le nombre, l’identité et l’origine des légions du Bellum Africum », dans Nuova Antologia Militare, 6, fasc. 22, 2025, p. 253-286. Article disponible en Open Access : https://www.tabedizioni.it/web/content/385307.

11 BAfr 1, 5 : legiones tironum conuenire in his ueterana legio quinta ; 60, 1 : habuit legionem VIIII et VIII in sinistro cornu, XXX, XXVIII, XIII, XIV, XXVIIII, XXVI in media acie ; 62, 1 : legionis VII et VIII ex Sicilia aduentu ; 66, 1 : legiones se VIII ueteranas ; 81, 1 : legione X secundaque dextro cornu, VIII et IX sinistro oppositis, quinque legiones <…> in quarta acie ad ipsa cornua quinis cohortibus contra bestias conlocatis. Dans ces cinq passages, nous faisons le choix de supprimer les conjectures des éditeurs pour rétablir les leçons transmises — le plus souvent unanimement — par les codices. Pour en savoir plus, voir notre article cité dans la note précédente.

12 B. Gérardin, loc. cit., p. 278-279.

13 Pour une excellente synthèse sur le sujet, voir F. Cadiou, Ibera in terra miles. Les armées romaines et la conquête de l’Hispanie sous la République (218-45 av. J.-C.), Madrid, Casa de Velázquez, p. 612-627.

Pour une poignée de podcasts sur l’armée romaine

Pour initier cette liste d’émissions consacrées à l’histoire militaire romaine, je vous recommande l’écoute de deux épisodes du podcast Le Fil de l’épée, qui est co-animé par Alexandre Jubelin et André Loez. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour vous inciter à vous abonner à leurs podcasts respectifs, Le Collimateur et Paroles d’Histoire, qui sont extrêmement qualitatifs.

Le dernier épisode en date du Fil de l’épée a pour invité François Cadiou, historien spécialiste de l’armée romaine républicaine, dont les travaux font partie des plus stimulants du moment. C’est l’occasion pour lui de présenter les thèses défendues dans L’Armée imaginaire. Les soldats prolétaires dans les légions romaines au dernier siècle de la République (Les Belles Lettres, 2018). Un ouvrage fondamental et passionnant !

Je signale au passage que le précédent ouvrage de François Cadiou, Hibera in terra miles. Les armées romaines et la conquête de l’Hispanie sous la république (218-45 av. J.-C.) (Casa de Velázquez, 2008), est disponible en ligne sur OpenEdition.

La seconde émission que je vous recommande a été enregistrée en 2023 et a pour invité Giusto Traina, auteur de Carrhes, 9 juin 53 av. J.-C. Anatomie d’une bataille (Les Belles Lettres, 2011), de l’ouvrage collectif Mondes en guerre. Tome I. De la préhistoire au Moyen Age (Passés Composés, 2019) qu’il a dirigé, ou encore de La guerre mondiale des Romains. De l’assassinat de Jules César à la mort d’Antoine et Cléopâtre (Fayard, 2023). Cet historien anime par ailleurs la Revue internationale d’Histoire Militaire Ancienne (HiMA), fondée en 2015.

En complément de cette émission, j’attire votre attention sur deux vidéos de Giusto Traina : cette conférence de 2015 intitulée « La fin de la République romaine. Guerre civile ou guerre mondiale ? », ainsi qu’une présentation de La Guerre mondiale des Romains. De l’assassinat de Jules César à la mort d’Antoine et Cléopâtre, effectuée en 2023 à la librairie Tropiques :

https://www.youtube.com/watch?v=I0aZIxrEG7Y

Je conclus cette première série de recommandations par une émission du Cours de l’histoire, « César et la guerre des Gaules. Vous verrez du pays qu’ils disaient ! », diffusée fin 2022 sur France Culture, avec pour invités les historiens Pierre Cosme et Maxime Petitjean.

« Ce qui semble bien être particulier à l’armée de César, c’est le fait qu’il a, pour étoffer ses troupes, levé certaines légions à ses frais, quitte à apparemment ne pas recruter de citoyens romains dans ses légions, ou alors disons des citoyens romains de très fraîche date, qui auraient reçu la citoyenneté au moment de s’enrôler. (…) Le plus fameux exemple c’est la Ve légion qu’on appelle Alouette, qui aurait été levée en Gaule. Alors là effectivement, c’est sans doute une particularité de l’armée de César. Il ne semble pas qu’on ait levé des armées de cette façon et c’était évidemment interdit de lever une légion à ses frais. Pompée l’avait fait dans sa jeunesse pour venir appuyer Sylla lors de la première guerre civile, mais théoriquement c’était interdit. »

Au sujet de cette intervention de Pierre Cosme (de 19’28 à 20’15), je me permets de signaler que la légion Alauda n’a en réalité jamais porté le numéro V du vivant de César. Cette idée, reposant sur des inscriptions du milieu du Ier siècle de notre ère, est totalement anachronique. Je l’avais déjà montré dans mon mémoire de Master et je pense que mon point de vue est désormais solidement étayé, grâce à mon article sur les légions du Bellum Africum. En réalité, la « légion Alouette » n’était pas une véritable légion, mais plutôt un corps de troupes auxiliaires organisé selon le modèle romain. Financée par César sur ses fonds propres, cette unité ne portait aucun numéro, car elle n’a jamais eu vocation à intégrer l’armée de la République.

Publication d’un article sur « Le nombre, l’identité et l’origine des légions du Bellum Africum »

J’ai récemment publié dans la Nuova Antologia Militare (NAM) un article présentant le résultat de mes recherches sur les légions de César ainsi que sur la transmission du corpus césarien. Mon travail figure dans le fascicule 22 (avril 2025) de la revue. Comme la NAM est publiée en accès ouvert (open acces), mon article peut être téléchargé librement et gratuitement au format PDF sur le site internet de la revue ou bien en cliquant sur l’image ci-dessous. Le fascicule complet, quant à lui, est disponible à cette adresse.

Batiste Gérardin, « Le nombre, l’identité et l’origine des légions du Bellum Africum », dans Nuova Antologia Militare, 6, fasc. 22, p. 253-286. [télécharger au format PDF]


Le 23 avril, l’association d’étudiants italiens « Casus Belli » m’a invité à commenter brièvement les articles d’histoire romaine publiés dans le dernier fascicule de la Nuova Antologia Militare. La vidéo ci-dessous est calée sur le début de mon intervention, que j’ai eu la possibilité de faire en français. J’y présente mon article de 21’30 à 26’15.


Lorsque j’en trouverai le temps, je compléterai ce billet avec des outils de vulgarisation (résumé de mon article, lexique, traduction des textes latins…). Je proposerai également des ressources numériques destinées à faciliter l’étude philologique du corpus césarien.

Walter Schmitthenner, The Armies of the Triumviral Period

En 1958, l’historien Walter Schmitthenner (1916-1997) a soutenu à Oxford une importante thèse de doctorat sur les légions de la période triumvirale, intitulée The Armies of the Triumviral Period: A Study of the Origins of the Roman Imperial Legions. Bien que souvent citée dans les ouvrages sur l’armée romaine ou sur les guerres civiles de la fin de la République romaine, cette somme est inédite et s’avérait jusqu’à présent extrêmement difficile à trouver.

Portrait de Walter Schmitthenner

Une recherche dans le catalogue Sudoc permet de constater que cette thèse n’est consultable dans aucune bibliothèque universitaire française. De son côté, Worldcat n’en recense que neuf exemplaires à travers le monde : un en Suisse, quatre en Allemagne, deux au Royaume-Uni et deux aux États-Unis. Je sais par ailleurs que l’université de Heidelberg en détient une copie.

Regrettant fortement de ne pas avoir pu consulter cet ouvrage lors de mon travail de recherche sur La légion des Alouettes, j’ai patienté de longues années en espérant qu’une âme charitable la numérise et la rende accessible sur internet… En vain !

Au fil des années, plusieurs de mes souhaits ont fini par être exaucés. Il y a par exemple eu la mise en ligne de ressources inestimables telles que le Corpus Inscriptionum Latinarum [1] ou la Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft [2], dont l’article « Legio » est proposé ici même par votre serviteur. En revanche, toutes mes recherches internet pour The Armies of the Triumviral Period se sont invariablement soldées par un échec.

Au cours de l’été 2019, j’ai décidé de me mettre en quête de l’ouvrage afin de le numériser moi-même. Après quelques hésitations sur la destination, j’ai finalement opté pour la charmante ville de Fribourg-en-Brisgau, dans laquelle Walter Schmitthenner a effectué une bonne partie de sa carrière universitaire. Cet historien a enseigné à l’Albert-Ludwigs-Universität Freiburg à partir de 1967, puis il en est devenu professeur émérite en 1984. L’impressionnante bibliothèque de cette université propose à la consultation une photocopie reliée de sa thèse.

Ayant mis plus de dix ans pour accéder à cet ouvrage, je ne peux désormais résister au plaisir d’en faire profiter le plus grand nombre.

En théorie, le respect de la législation sur les droits d’auteur impose d’attendre encore 47 ans avant que cette thèse puisse être diffusée librement… Cependant, son caractère inédit et le fait qu’il n’en existe qu’un tout petit nombre de copies à travers le monde me semblent d’excellents arguments pour faire une légère entorse à cette règle.

Je considère que son partage gratuit rend justice au travail accompli par l’auteur, sans porter préjudice à personne. Je m’engage toutefois à en cesser immédiatement la diffusion dans le cas où un ayant-droit en formulerait la demande, ou si jamais cette thèse doctorale venait à être publiée par un éditeur. Merci de bien vouloir prendre contact avec moi le cas échéant.

J’ai rassemblé les deux volumes de cette thèse (texte et notes) dans un seul fichier PDF, que je vous propose de télécharger en cliquant sur l’image ci-dessous :

Référence :
SCHMITTHENNER (W.C.G.), The Armies of the Triumviral Period: A Study of the Origins of the Roman Imperial Legions, Oxford, thèse inédite, 1958, 260 pages.

[télécharger le PDF – 32,9 Mo]

Cette numérisation présente de nombreuses imperfections, essentiellement dues à la piètre qualité de la photocopie du tapuscrit original.

Bibliographie sur W. Schmitthenner :
MALITZ (J.), « Walter Schmitthenner † », dans Gnomon, 71, 1999, 2, p. 174-180. [disponible ici]
La photographie reproduite ci-dessus est tirée de cet article.

NOTES :

[1] Initié en 2009, le projet CIL Open Access a pour vocation la numérisation et la mise en ligne des volumes publiés avant 1940 : https://arachne.uni-koeln.de/drupal/?q=de_DE/node/291

[2] Depuis janvier 2019, un contributeur du site Archive.org propose en téléchargement gratuit la quasi-totalité des volumes de l’encyclopédie : https://archive.org/details/Pauly_201901

L’article « Legio » de la Realencyclopädie

Emil Ritterling (entre 1892 et 1911)

En 1925, l’universitaire allemand Emil Ritterling achevait la publication de son article « Legio » dans le douzième volume de la Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft. Il s’agissait d’une somme considérable, qui réunissait en un même texte la quasi-totalité des connaissances sur l’histoire des légions romaines de l’époque impériale. Le lecteur y trouvait un développement général sur les légions, suivi d’une synthèse détaillée sur chacune des unités légionnaires connues, incluant un examen critique des sources littéraires, épigraphiques et numismatiques.

Malgré son grand âge, l’article « Legio » reste aujourd’hui une référence incontournable pour tout travail de recherche sur l’histoire des légions romaines. S’il est dépassé sur bon nombre de points en raison des découvertes (épigraphiques, archéologiques…) effectuées depuis sa rédaction, aucune publication récente n’a permis de le remplacer. Sa consultation doit donc être associée à celle d’autres ouvrages, en particulier les actes du colloque de Lyon sur Les légions de Rome sous le Haut-Empire, publiés en 2000. [1]

Malheureusement pour les apprentis chercheurs, l’exploitation de l’article « Legio » est rendue compliquée par son accès difficile (avec une consultation uniquement sur place dans les bibliothèques universitaires) et sa publication en langue allemande. Il y a quelques années, une excellente initiative du site RomanArmy.com avait permis de contourner ces difficultés grâce à la mise en ligne d’une partie des synthèses d’Emil Ritterling dans une traduction anglaise. Un projet fort utile, mais qui paraît avoir été abandonné en cours de route. [2]

Pour faciliter vos recherches, je vous propose de télécharger ci-dessous deux fichiers PDF contenant une numérisation complète de l’article original. Vous y trouverez la contribution essentielle de Ritterling, encadrée par deux autres synthèses signées Wilhelm Kubitschek : l’une portant sur la période républicaine et l’autre sur les légions du Bas-Empire.

Cliquez sur l’aperçu pour télécharger une archive ZIP contenant les deux parties de l’article « Legio ».

TÉLÉCHARGEMENT DE L’ARTICLE « LEGIO » DE LA REALENCYCLOPÄDIE :
– « Legio ». Partie 1 (Kubitschek & Ritterling 1924) : [télécharger le PDF – 5,84 Mo]
– « Legio ». Partie 2 (Ritterling & Kubitschek 1925) : [télécharger le PDF – 19,7 Mo]


Références bibliographiques de la partie 1 :

* KUBITSCHEK (W.), « Legio. Republikanische Zeit », dans Paulys Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, XII.1, Stuttgart, 1924, col. 1186-1210.
* RITTERLING (E.), « Legio. Bestand, Verteilung und kriegerische Betätigung der Legionen des stehenden Heeres von Augustus bis Diocletian », dans Paulys Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, XII.1, Stuttgart, 1924, col. 1211-1328.

Références bibliographiques de la partie 2 :
* RITTERLING (E.), « Legio. Bestand, Verteilung und kriegerische Betätigung der Legionen des stehenden Heeres von Augustus bis Diocletian (Fortsetzung) », dans Paulys Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, XII.2, Stuttgart, 1925, col. 1329-1829.
* KUBITSCHEK (W.), « Legio. Der späteren Zeit », dans Paulys Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, XII.2, Stuttgart, 1925, col. 1829-1837.

NOTES :

[1] Les actes de ce colloque comportent une présentation par Rainer Wiegels du parcours d’Emil Ritterling et de son oeuvre :
WIEGELS (R.), « Legio. Emil Ritterling und sein Beitrag zur Truppengeschichte der römischen Kaiserzeit », dans Les légions de Rome sous le Haut-Empire. Actes du congrès de Lyon (17-19 septembre 1998), I, éd. Yann Le Bohec, Catherine Wolff, Lyon, 2000, pp. 9-20.

[2] Bien que les traductions ne figurent plus sur le site RomanArmy.com il est toujours possible de les consulter grâce à une sauvegarde conservée sur Archive.org.

Crédit photographique : auteur inconnu / Wikimedia Commons (domaine public).